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"Au bout il y a la lumière" = nouveau projet

"Au bout il y a la lumière" = nouveau projet
« Une mère, c'est vaste comme le monde.
Elle est l'univers de chaque enfant qu'elle a porté,
un univers unique qu'elle a inventé à chaque maternité. »
[Pierre Karch]



Etre père.


Etre papa,
Tu n'attends que cela,

Etre père,
Ton souhait le plus cher,

Le sentir grandir,
Voir mon corps s'arrondir,

Mes seins se gonfler,
Devenir nourricier,

Mes hanches qui s'élargissent,
Ces formes m'anoblissent,

Sous tes yeux tendres,
Accepter d'attendre,

Ton regard qui se pose,
Comme une apothéose,

Des feux d'artifices,
Dans tes prunelles jaillissent,

Ta main dans la mienne,
Pour attendre qu'il vienne,

Des angoisses, des soucis,
Ton visage qui blanchit,

La peur, la terreur,
De le perdre avant l'heure,

Et puis un petit bruit,
Son tout premier cri,

Il est là dans tes bras,
Tu l'aimes déjà,

Tu le poses sur ma peau,
Tes larmes sont mon cadeau,

Ce rêve on le fait à deux,
Ce rêve si merveilleux,

Etre un jour parent,
Un cadeau de la vie finalement.



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J'ai mal...mal a en crever, mal a en hurler... Je ne supporte plus ce vide en moi, cette absence de vie qui détruit la mienne... Cela vire à l'obsession ! Une rengaine entêtante ne cesse de tourner en moi comme un carrousel fou qui ne saurait plus s'arrêter.
Depuis quelques jours, quand je vois une maman avec son enfant ou une femme enceinte, il y a deux "moi" qui se battent. Celle qui trouve cela beau, tout simplement beau et qui envie cette maman comblée et puis il y a l'autre, celle qui ne le supporte pas, celle qui en veut à la Terre entière...celle qui trouve que ce n'est pas juste ! Pourquoi elles et pourquoi pas moi !?
Le manque d'enfant devient une torture, lente, implacable et hautement perverse. Elle s'infiltre dans ma chair, dans mes os, dans mon être... Pourquoi n'ai-je pas ce droit moi aussi ?? Je serais une bien meilleure mère que certaines qui ne méritent pas ce titre, alors pourquoi me refuser ce bonheur ?
Alors j'enrage, j'en veux à Dieu, aux autres femmes, à ce pervers qui a bousillé ma vie et mon corps. J'en arrive même à pleurer devant « Les Simpson » parce que Maggie, le bébé de la famille cherche partout sa maman ! C'est lamentable ! Je suis lamentable.
Je n'ai jamais baissé les bras dans ma vie, pourquoi le ferais-je maintenant ? Parce que je n'en peut plus d'y croire, d'espérer et au final de voir toutes mes envies, tous mes bonheurs, toutes mes illusions disparaître aussi vite que apparue. Je suis au bord de la crise de nerf, de la crise de larme à chaque fois que je pense au mot : "Bébé" ou à ces deux mots qui tournent en boucle dans ma tête : "être mère".
Je suis si fatiguée de ne pas pouvoir hurler ma rage ou tout simplement pleurer devant celui qui partage ma vie, parce que nous avons d'autres choses plus importantes a régler pour lui ...je sais que fondamentalement, il a raison...mais je me fous de la raison ! Je veux juste être mère.

Je m'appelle Nolwenn j'ai 26 ans, tout le monde me dit jeune, me dit que j'ai le temps d'être mère...mais ils n'en savent rien. Ils ne sont pas dans l'intimité de mon utérus. J'ai les cheveux Auburn et les yeux bleus. Lui dit que mes yeux sont turquoises, qu'ils sont exceptionnels, qu'il n'en a jamais vus de plus beau. J'ai la peau très pale des bondes ou des rousses mais origines l'expliquent je suis un melting-pot d'Ecossaise, Irlandaise, Polonaise, Italienne....
Je suis douce et sensible même si il ne faut pas me marcher sur les pieds, sinon je pars au quart de tour. Mon nom de famille fait de moi un roi ou une reine...et avec celui de mon homme, le petit être que nous espérons voir un jour naître, sera roi ou reine des Colombes....
Je n'aime pas mon corps aux hanches larges, aux seins pleins, mais je le choie pour lui. Je suis jalouse, terriblement possessive et passionnelle comme lui...

Pourquoi je n'arrive pas à être mère ? J'ai une insuffisance ovarienne sévère, des adhérences entrent les trompes et l'utérus, ainsi qu'une hydrosalpinx, une trompe pleine d'eau pour simplifié.
J'ai déjà été marié, une erreur de jeunesse parmi tant d'autre... Avec mon ex-mari, je suis déjà passé par la PMA. Après quatre ans de vie commune, le bébé que je désirais tant ne pointait toujours pas son nez. De fausses couches en faux espoirs, je me suis résignée à prendre rendez-vous avec une spécialiste. S'en suivirent trois IAC, une FIV...puis il y a eu ce ras le bol générale. L'envie de changer de vie, l'envie de m'enfuir loin d'un mari qui n'en était pas un et soudain, lui...cette rencontre magique qui a changé ma vie.

Il s'appel Antonio, dit Tonio, dit Doudou. Il a 27 ans....non, non, ce n'est pas si jeune que ça pour être père. Tout est une question de maturité.
C'est un beau brun aux yeux marron vert. J'adore ses yeux d'ailleurs, ils deviennent ambre foncé au soleil. Il a la peau mate des gens du sud, pourtant c'est un gars du Nord. Tonio est râleur mais câlin. C'est un grand môme, mais je l'aime comme il est.
Il est musclé, mais il sait aussi être doux. Il est caractériel mais c'est ce qui fait son charme. Il est jaloux comme un poux, mais ça me fait rire. Il est ultra protecteur, personne ne me touche sinon gare à lui ou elle ! C'est mon grizzli.
Il est même parfois fleur bleue et j'adore. C'est un homme, donc parfois il est lourdingue...mais je ne le changerais pour rien au monde. Lui, c'est simplement celui qui m'a redonné goût à la vie.

Nous, c'est trois ans d'amour. Il a fallut que nous nous apprivoisions. Deux animaux peu sociable, un peu sauvage. Un lion et une lionne voilà à quoi il nous compare. Et puis un jour, cette envie d'être parents. Un bébé que l'on attend mais qui ne vient pas. Des grossesses qui arrivent mais qui ne tiennent pas. Le dernier petit ange nous a quitté le quatre septembre, la blessure est encore fraîche.
Après maintes et maintes discutions, la décision fût prise : la PMA nous tendra les bras dès Janvier... Nous sommes en Octobre, plus que quelques semaines d'attentes. Si peu, déjà trop. Un horloge s'est mise a raisonner en moi. J'entends le tic-tac qui me fait frémir d'angoisse.
Tonio me soutiens dans tous ce que je fais, mais je fais pareil pour lui.
Mon histoire est celle d'une vie douloureuse. L'histoire de mes souffrances. Le comte de la plaie béante qu'est le manque d'enfant.

Des vêtements de bébé qui s'accumulent en carton. Du matériel de puériculture qui se languit de servir. Des projets plein la tête, des images plein le c½ur. Nous savons que le parcours sera long mais il ne peut pas ne pas être. Je sais ce qui nous attends, lui l'ignore. Les examens tous plus longs les uns que les autres. Les résultats tous plus angoissants que le précédent, puis le verdict final qui nous annoncera à qu'elle sauce nous nous ferons manger. Lui serait prêt à attendre encore, mais moi non. Je sais que mon horloge ne s'enclenche pas pour rien. Je ressens que le temps m'est compté et je ne peux plus prendre de risque.
Je serais mère ou je ne serais pas.

# Posté le mardi 14 octobre 2008 07:19

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