Je sens les bras de papa qui m'enserre. Je me débats de toutes mes forces, je ne veux pas qu'il me touche. Il me soulève du sol.
La fille cris toujours, mais faites la taire ! Papa me chuchote pardon, il me dit de ne plus crier, mais je ne cris pas moi ! Mais... Non... Je... Si... C'est moi qui cris en tirant sur mes cheveux qui tombe par poignées entières au sol. Maman est assise par terre. Papa lui hurle dessus, il lui dit d'appeler les pompiers, mais elle ne bouge pas. Lui aussi est assis au sol. Je suis sur ses genoux et il me tiens les mains pour pas que je ne m'arrache plus de cheveux. Constance suce son pouce et pleure. Il hurle encore plus fort sur maman. Elle lève les yeux et le regarde. Elle va enfin téléphoner. Ses mains tremblent, elle lâche le téléphone qui tombe au sol. Papa me chuchote de ne pas m'inquiéter, il me pose par terre et se lève. Il prend le téléphone. Maman prends Constance dans ses bras et s'assoit sur le canapé. Et moi maman ? Pourquoi moi tu me laisses seule par terre assise en face de la chambre de Victoire ? Pourquoi ? Je n'arrive pas à me lever. Je marche à quatre pattes jusqu'à ma s½ur. Je m'adosse contre son lit et je prends son bras plein de sang, je le mets contre ma joue. Je me serre si fort contre son bras. Il est froid, si froid.
Papa essaye de m'arracher au corps de Victoire, mais je me débats, je le griffe, le mord, je ne veux pas, je cris à nouveau, je hurle à plein poumon. Maman le toise depuis le canapé et se mets à hurler elle aussi.
- Laisse-la ! Laisse-la lui dire au revoir ! Hurle-t-elle en serrant de plus en plus fort Constance dans ses bras.
Papa s'éloigne et rejoints maman et Constance. Ils me laissent seule avec ma s½ur, avec ce sang, avec la mort.
Quand les pompiers sont arrivés, ils ont dû me tirer à trois de son corps. Un des pompiers a dit à mes parents qu'ils étaient fous de me laisser seule avec ma s½ur décédée. Ils m'ont emmené aussi. Je criais peu être trop.
Je suis arrivée à l'hôpital, ils m'ont mis dans une chambre toute seule. Une infirmière est venue, elle m'a déshabillé, m'a lavé, puis elle m'a mis une blouse blanche.
Un docteur est venu ensuite. Il m'a parlé, m'a examiné puis m'a fait une piqûre...et puis...et puis...plus rien.