Mes nuits blanches m'épuisent mais je ne peux me résoudre à me passer de mes plaisirs nocturnes.
Il est étendu sur le parquet en acajou de mon salon. Je le scrute. Son visage est beau, il s'est endormi...
Le couloir me semble long, si long. Mes jambes me portent à peine et la salle de bain me paraît si lointaine. Le passage y est pourtant obligatoire.
J'allume les néons et la lumière artificielle m'aveugle. Le miroir me renvoi une image que j'aime malgré la fatigue.
J'ouvre les robinets et laisse l'eau s'écouler. J'y plonge mes mains, elle devient écarlate tel un rubis aux milles facettes.
J'aime cette couleur, ce carmin chatoyant du mélange de l'eau et du sang. Je regarde mon visage une nouvelle fois, mes lèvres sont maquillées de bordeaux, mes joues de magenta.
Un masque naturel si beau, si sensuel. Je le lave et retire mon maquillage à contrec½ur.
J'ôte mes vêtements noirs et rince mon corps au gant de crin. Je frotte les traces de la nuit. J'efface les dernières traces de ma jouissance. J'éteins la lumière et me dirige vers ma chambre.
Je me glisse sous mes draps de soie rouge et j'actionne les stores électriques. Je veux vivre encore quelques heures l'illusion de la nuit, de cette nuit que j'affectionne tant. De ce noir protecteur , mon cocon.
Je ferme les yeux et les battements de mon c½ur m'emportent vers les bras de Morphée.
