Me punir de quoi ? Du décès de Cathy...Je n'en avais pas conscience, l'inconscient est bien plus fort que nous. J'étais persuadée que si j'avais réussis à parler, elle serait toujours en vie. J'étais donc responsable de sa mort...C'était pire que si je l'avais assassiné.
Il m'a fallu énormément de temps pour me dire que je n'y étais pour rien. Je n'étais qu'une petite fille, une victime, tout comme elle.
Comment aurais-je pus parler ? J'étais terrifiée ! Personnes ne m'a jamais rien reproché, personnes ne savaient...Et si ils avaient su ? Cela aurait-il été pareil ?
Confidences pour confidences, je n'ai qu'une trouille, j'ai peur qu'en lisant tout ceci, ils viennent tous me demander pourquoi je n'ai rien dis....J'ai peur de leurs reproches. Cela me détruirait à nouveau.
Et bordel, je n'ai rien dit parce que j'étais une môme ! Une petite fille ! Qui aurait le droit d'oser me dire « pourquoi n'as-tu rien dit » ?? Qui aurait ce droit !? Pas eux, pas vous...
Ma reconstruction a été un gigantesque puzzle. A chaque pièce manquante, mon homme m'aidait à la rechercher. Nous avons cherché ensemble le « pourquoi du comment » pendant des mois.
Finalement, j'ai eu de la chance, d'autres ne s'en sortent pas aussi bien...
Je suis conscience de cette chance, et même si nous sommes en froid lui et moi, je remercie Dieu chaque matin.
Un homme me reconstruit, ironie du sort, puisque c'est un homme qui m'a détruit.
Il me faudra encore énormément de temps pour faire totalement confiance au genre humain, mais j'y viens doucement et j'ai foi... Foi en moi, foi en Antoine, foi en la vie, foi en Dieu....
Je suis enfin prête, mon prénom peu enfin apparaître...Il en aura fallut des lignes, des mots avant d'être prête...Je ne veux plus me cacher, tout ceci m'est arrivée, et un pseudonyme est ce qu'il est.....Mais là, c'est moi, moi Audrey qui vous parle et qui égraine les mots, qui disperse les souffrances, MES souffrances. Merci de ne pas m'avoir trahis....
